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Qu'est-ce que la photobiomodulation ?

La photobiomodulation (PBM), aussi appelée LLLT (Low Level Laser Therapy) ou laser thérapeutique, est un traitement antalgique non médicamenteux qui utilise des longueurs d'onde rouges (620-780 nm) et infrarouges (800-950 nm) pour stimuler la Cytochrome C Oxydase mitochondriale. Elle est efficace sur les douleurs myofasciales, neuropathiques et le SDRC. Le Dr Philippe Rault l'a intégrée au protocole du CETD du CHU de Dijon.

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Podcast — La lumière au service de la douleur

Par Dr Ph. Rault · 4 min 20 sec · Écouter ou lire la transcription ci-dessous.

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🎙️ Introduction

Bonjour Dr Rault, pouvez-vous nous expliquer ce qu'est la photobiomodulation ?

Bonjour. En tant que responsable du Centre AntiDouleur du CHU de Dijon, je me réjouis de pouvoir vous présenter l'intérêt de la lumière comme outil thérapeutique dans le traitement de la douleur. Depuis de nombreuses années, la lumière est utilisée pour traiter par exemple l'ictère du prématuré, favoriser la cicatrisation cutanée, ou intervenir avec précision grâce aux lasers chirurgicaux.

Plus récemment, une approche originale se développe dans le domaine des traitements antalgiques : c'est ce que l'on nomme PhotoBioModulation Antalgique ou Modulation des phénomènes Biologiques par la lumière, les Photons. Cette méthode repose sur l'usage de longueurs d'ondes lumineuses spécifiques.

🔆 Focus 1 — Les longueurs d'onde antalgiques

Quelles sont donc ces longueurs d'onde impliquées dans l'effet antalgique de la lumière ?

En PhotoBioModulation antalgique, les longueurs d'onde s'échelonnent entre la lumière rouge (600 à 700 nanomètres) et la lumière infrarouge invisible (700 à 1100 nanomètres). Les photons rouges et infrarouges ont la particularité de pénétrer profondément dans les tissus, jusqu'aux muscles, aux nerfs et articulations, afin de stimuler certains processus biologiques qui améliorent le fonctionnement cellulaire — dont la capacité à faire face à la douleur, qu'elle soit aiguë ou chronique.

✅ Focus 2 — Les indications validées

Quelles sont les principales indications reconnues pour cette technique ?

Les études cliniques disponibles mettent en évidence l'intérêt de la PhotoBioModulation dans le traitement des douleurs musculo-squelettiques : lombalgies, tendinites, arthrose ou contractures musculaires.

Elle s'avère également utile dans le traitement des douleurs neuropathiques, en particulier chez les patients atteints de neuropathie diabétique ou après certaines chimiothérapies.

Enfin, elle peut accompagner la récupération post-opératoire. La technique peut être envisagée chez l'adulte comme chez l'enfant, en tenant compte des spécificités de chaque cas.

⏱️ Focus 3 — Le déroulé d'une séance

Comment se déroule une séance de PhotoBioModulation ?

La séance débute par l'identification de la zone douloureuse. Le dispositif émettant une lumière rouge ou infrarouge est ensuite appliqué localement. La durée d'exposition varie en fonction de la zone traitée, généralement entre 10 et 20 minutes.

Comme pour un médicament, la dose lumineuse est rigoureusement calculée, en joules, pour garantir son efficacité. La méthode est indolore, et peut parfois produire une légère sensation de chaleur. Le protocole comprend souvent plusieurs séances réparties sur quelques semaines, avec parfois des séances d'entretien.

💰 Focus 4 — Accès et remboursement

La PhotoBioModulation est-elle facilement accessible, et bénéficie-t-elle d'un remboursement ?

La PhotoBioModulation est principalement utilisée par les kinésithérapeutes ainsi que par des médecins spécialisés dans la douleur ou encore par les gynécologues. Comme il n'existe pas d'annuaire spécifique, c'est le bouche à oreille qui fonctionne le mieux pour trouver un praticien. Il est cependant possible de se renseigner auprès du Conseil de l'Ordre des kinésithérapeutes de son département.

Concernant le coût, l'acte PhotoBioModulation n'est pas, à ma connaissance, spécifiquement remboursé par l'Assurance Maladie. Toutefois, s'il est pratiqué au sein d'une consultation en centre antidouleur par exemple, seule la consultation est facturée, avec un remboursement classique.

🌟 Conclusion

Un dernier mot pour conclure ?

La PhotoBioModulation représente une voie complémentaire prometteuse pour le traitement de la douleur car elle combine efficacité, innocuité et confort pour le patient. Les perspectives sont encourageantes. Dans une médecine en quête de traitements personnalisés, la lumière pourrait bien jouer un rôle de plus en plus important.

Sommaire
  1. Qu'est-ce que la photobiomodulation ?
  2. Laser vs diodes — même principe, différences clés
  3. Effets biologiques
  4. Effets cliniques et indications
  5. Expérience au CETD
  6. Contre-indications et précautions
  7. Questions fréquentes

Qu'est-ce que la photobiomodulation ?

La photobiomodulation (PBM), aussi appelée thérapie laser de bas niveau (LLLT, Low Level Laser Therapy) ou laser thérapeutique, utilise des longueurs d'onde rouges et infrarouges pour soulager la douleur chronique, réduire l'inflammation et stimuler la cicatrisation tissulaire.

Sur le plan scientifique, c'est le mécanisme par lequel les radiations optiques non ionisantes sont absorbées par des chromophores endogènes pour provoquer des événements photophysiques et photochimiques à différentes échelles biologiques (Anders, 2019).

Les fenêtres thérapeutiques efficaces sur la douleur sont :

  • Rouge — 620 à 780 nm
  • Proche infrarouge — 800 à 950 nm

Le chromophore clé

Le principal photoaccepteur de la lumière rouge et proche infrarouge est la Cytochrome C Oxydase, située dans la membrane interne des mitochondries. Lorsqu'un photon est absorbé, un électron est stimulé vers un niveau d'énergie supérieur — cette énergie est utilisée par la cellule pour optimiser son fonctionnement.

Schéma du mécanisme cellulaire de la photobiomodulation : la lumière rouge et infrarouge active la Cytochrome C Oxydase mitochondriale, qui produit de l'ATP, du NO et des ROS (Reactive Oxygen Species) — cascade d'effets primaires, secondaires et tertiaires aboutissant à la régulation de l'inflammation et à la signalisation cellulaire.
Mécanisme cellulaire de la photobiomodulation — absorption de la lumière rouge et infrarouge par la Cytochrome C Oxydase mitochondriale, cascade d'effets (ATP, NO, ROS) jusqu'à la signalisation nucléaire.

Laser vs diodes — même principe, différences clés

PBM et laser reposent sur le même principe physique. La différence tient à la source lumineuse :

Laser

Précision en profondeur

  • Faisceau cohérent et monochromatique
  • Photons en phase, même direction
  • Pénétration de plusieurs cm
  • Traitement précis de surfaces réduites
  • Laser Haute Énergie — moins de temps, meilleure pénétration
Diodes LED

Versatilité, larges surfaces

  • Faisceau non cohérent
  • Moins coûteux
  • Panneaux pour grandes surfaces (pelvis, dos)
  • Sondes endocavitaires
  • Casques pour PBM transcrânienne

Le paramètre principal de pénétration

La cohérence du faisceau laser donne une meilleure profondeur de traitement. Le paramètre principal qui influence la profondeur de pénétration reste cependant la longueur d'onde — plus elle est longue (infrarouge), plus elle pénètre en profondeur.

Effets biologiques

  • Rétablissement de la production cellulaire d'ATP
  • Effet anti-inflammatoire
  • Effet antalgique (Gate Control)
  • Drainage vasculaire
  • Amélioration de la cicatrisation
  • Action décontracturante musculaire
  • Relâchement des Points Gâchette myofasciaux
  • Inhibition de la sensibilisation centrale

La réduction de la sensibilisation périphérique obtenue via l'amélioration métabolique et la réduction de l'inflammation est l'élément fondamental de prévention de la chronicisation de la douleur.

Effets cliniques et indications

L'effet antalgique et cicatrisant de la PBM rouge et infrarouge constitue un outil précieux dans l'offre de soin à destination des patients douloureux. Les principales indications :

  • Douleurs musculo-squelettiques dont les syndromes myofasciaux
  • Douleurs neuropathiques périphériques dont le SDRC
  • Douleurs et troubles fonctionnels pelvi-périnéaux dont l'endométriose
  • Plaies médicales, traumatiques ou post-chirurgicales
  • Complications des radio/chimiothérapies (mucites)
  • Pathologies ostéo-articulaires aiguës et chroniques

Expérience au CETD

Résultats observés

60 % des patients — réduction significative de la douleur

Le Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur utilise la Thérapie Laser Haute Énergie sur les douleurs myofasciales. Plus de 30 % de baisse de l'EVA chez 60 % des patients, avec une réduction qui semble durable.

Approche multimodale : le Laser n'est qu'un des éléments du traitement. Aucun traitement seul, quel qu'il soit, ne peut procurer une amélioration significative.

Contre-indications et précautions

Contre-indications absolues

  • Application sur l'abdomen de la femme enceinte
  • Application sur le cartilage de croissance de l'enfant
  • Corps métallique (prothèse, implant) sous le faisceau
  • Pace-maker sous le faisceau laser

Précautions d'emploi

Port de lunettes de protection obligatoires (patient et soignant) pendant la séance. Accès à la salle de traitement sécurisé.

Questions fréquentes

La photobiomodulation est-elle douloureuse ?

Non. La séance est indolore. Une légère sensation de chaleur peut être perçue avec les lasers haute énergie, mais aucune douleur n'est ressentie pendant l'application.

Combien de séances de photobiomodulation sont nécessaires ?

Le protocole varie selon l'indication. Pour les douleurs myofasciales chroniques, 6 à 10 séances rapprochées sont habituellement proposées, avec une réévaluation clinique régulière.

Quelle différence entre photobiomodulation, LLLT et laser haute énergie ?

Photobiomodulation (PBM) et LLLT (Low Level Laser Therapy) désignent le même principe physique : action d'une lumière rouge ou infrarouge sur les chromophores cellulaires. Le laser haute énergie est une variante plus puissante, qui pénètre plus profondément en moins de temps.

La photobiomodulation est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Le traitement n'est pas remboursé en consultation libérale. Lorsqu'elle est intégrée à un parcours de soins en Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur (CETD), elle peut être prise en charge dans le cadre du forfait hospitalier.

Anders JJ et al. Light-Emitting Diode Therapy and Low-Level Light Therapy Are Photobiomodulation Therapy. Photobiomodulation, Photomedicine, and Laser Surgery, 2019; 37(2): 63–65.
Mester A, Mester A. The History of Photobiomodulation: Endre Mester (1903–1984). Photomedicine and Laser Surgery, 2017; 35(8): 393–94.
Angelova A, Ilieva EM. Effectiveness of High Intensity Laser Therapy for Reduction of Pain in Knee Osteoarthritis. Pain Res Manag. 2016.
Alayat MS. Efficacy of high-intensity laser therapy in the treatment of chronic neck pain: a randomized double-blind placebo-control trial. Lasers Med Sci. 2016.