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⚠ Vérifier les indications et les dosages à l'aide d'une autre source d'information.

L'hypnose médicale est-elle efficace contre la douleur chronique ?

Oui — l'hypnose médicale est reconnue comme traitement antidouleur complémentaire par l'Académie de Médecine (rapport de mars 2013). Avec une pratique régulière d'auto-hypnose (15 à 30 minutes par jour), une réduction d'environ 20% de l'intensité douloureuse est attendue. L'imagerie cérébrale montre que l'hypnose agit sur la Matrice de la Douleur, à la fois sur l'intensité (cortex sensoriel) et le caractère désagréable (cortex émotionnel). En général, 3 à 4 séances de 45 minutes suffisent pour acquérir l'autonomie. Le Dr Philippe Rault, ancien Président de l'IMHERB (Institut Milton H. Erickson Rennes-Bretagne), pratique l'hypnose ericksonienne en algologie depuis plus de 20 ans.

Sommaire
  1. Qu'est-ce que l'hypnose ?
  2. Effets sur la douleur
  3. Les séances
  4. Auto-hypnose — le bon usage
  5. Place dans la stratégie thérapeutique
  6. Conférence — Espace des Sciences

Qu'est-ce que l'hypnose ?

C'est une procédure dans laquelle le thérapeute guide le patient dans une expérience personnelle. Cette procédure est mise en place dans un but thérapeutique — ici, la réduction de la douleur. Ce traitement s'intègre dans une stratégie globale avec les autres prescriptions.

Qui peut pratiquer l'hypnose ?

La pratique de l'hypnose est réservée aux soignants (médecin, psychologue, kinésithérapeute, infirmière…), c'est-à-dire un professionnel ayant une formation dans le domaine de la santé physique ou mentale. Vérifiez que votre thérapeute a bien un diplôme dans un domaine du soin.

Depuis quand soigne-t-on avec l'hypnose ?

L'utilisation moderne de l'hypnose remonte à la fin du XVIIIe siècle. Au XXe siècle, elle a surtout été utilisée par les psychiatres. Depuis le début du XXIe siècle, l'hypnose est également utilisée au bloc opératoire.

Puis-je perdre le contrôle pendant l'hypnose ?

C'est au contraire un état qui permet de mieux gérer ses sensations, ses pensées, ses émotions. Nous avons tous les capacités d'expérimenter le processus hypnotique, avec une facilité plus ou moins développée selon les personnes.

Effets sur la douleur

La sensation douloureuse est créée au niveau de la peau ou d'un organe, véhiculée vers la moelle épinière puis vers le cerveau. Au niveau cérébral, le signal génère des émotions, des pensées et des comportements qui peuvent entretenir la douleur.

De récentes recherches montrent que l'hypnose agit au niveau des récepteurs de la peau, de la moelle épinière et du cerveau — aussi bien sur l'intensité (cortex sensoriel) que sur le caractère désagréable (cortex émotionnel) de la douleur.

L'hypnose agit sur la Matrice de la Douleur.

Y a-t-il des effets indésirables ?

Le seul effet indésirable est de ne pas pouvoir atteindre le but thérapeutique souhaité. Il faut alors peut-être changer de but, demander d'autres séances, s'entraîner davantage, changer de praticien ou recommencer à un autre moment.

Les séances

En général, 3 à 4 séances d'environ 45 minutes sont proposées. Tout dépend de votre thérapeute, en qui vous devez avoir confiance.

Bon à savoir

Vous pouvez enregistrer vos séances sur votre téléphone. Cela vous permet de les réécouter chez vous et de pratiquer l'auto-hypnose de façon autonome.

Auto-hypnose — le bon usage

L'auto-hypnose est une procédure qui permet à chacun d'entrer dans l'état hypnotique par sa propre volonté. L'écoute des séances enregistrées vous permet de réaliser votre propre séance.

Le bon usage

Auto-hypnose — 20 % de réduction de l'intensité douloureuse

Objectif réaliste avec une pratique régulière d'auto-hypnose. Une séance quotidienne de 15 à 30 minutes, en complément d'une activité physique programmée selon la méthode des quotas.

La séance enregistrée sur smartphone permet de réécouter et de pratiquer en autonomie. Le patient devient acteur de son traitement — c'est ce qui distingue l'hypnose des approches passives.

Place dans la stratégie thérapeutique

L'hypnose, comme l'acupuncture ou l'ostéopathie, figure parmi les traitements antidouleur complémentaires (Académie de Médecine, rapport de mars 2013). L'association de différents types de traitement renforce vos chances d'améliorer votre confort au quotidien.

L'hypnose est aussi complémentaire que les médicaments. Tout est important pour élaborer sa boîte à outils antidouleur personnelle.

Conférence — Espace des Sciences

Le Dr Rault et deux collègues du CHU de Rennes expliquent leur pratique de l'hypnose médicale — douleur chronique, hypnosédation, applications cliniques.

Les Mardis de l'Espace des Sciences, Rennes, 2011. Voir le replay sur la page Publications.

Pour aller plus loin
  • Coloscopies sous Hypnose — Expérience du CETD Hypnosédation et coloscopie : 5 % de conversion en anesthésie générale, patients prêts à renouveler l'expérience.
  • Hypnose et PTSD Concept original du patient douloureux chronique « figé » — l'hypnose ericksonienne active les mêmes structures cérébrales que la douleur chronique.