Définition
En théorie, tout organe pourvu d'une innervation sensitive peut être le siège d'une douleur fantôme après amputation — membre, sein, œil, dent… L'apparition est immédiate dans la plupart des cas, mais peut aussi être retardée.
Physiopathologie
La douleur du membre fantôme explique pourquoi la chirurgie de la douleur est une solution inadaptée. Nous avons en effet l'image de notre corps dans notre cerveau.
L'organisme vérifie en permanence que toutes les parties du corps sont bien en place — comme une boucle permanente pour savoir "que tout va bien". Après une amputation, le circuit renvoie une erreur : il manque quelque chose, et la douleur survient.
Amputer davantage ne résout pas la douleur — l'image cérébrale du membre reste présente quel que soit le niveau d'amputation.
L'Homonculus de Penfield
L'Homonculus de Penfield a été décrit par le Dr Wilder Penfield, neurochirurgien, entre les années 40 et 50. En appliquant des stimulations dans différentes régions du cerveau de patients éveillés, il a établi une cartographie cérébrale du corps dans laquelle la main et la tête sont surreprésentées par rapport à leur taille réelle.
Si l'on revient aux douleurs fantômes : le chirurgien peut bien amputer une partie du corps, son image reste dans le cerveau et induit la douleur fantôme.
Clinique
Douleur à type de décharge électrique, piqûre, brûlure ou pression. Intensité variable, pouvant survenir jour et nuit — il s'agit d'une douleur neuropathique.
Douleur du moignon d'amputation
Associée à la douleur fantôme, on retrouve fréquemment une douleur du moignon, qui associe une origine neuropathique et nociceptive. Il faut absolument rechercher une facilitation par une douleur myofasciale. On retrouve très souvent une allodynie. Un névrome peut être présent.
Diagnostic
Le diagnostic est clinique. On recherchera une allodynie et des points gâchette myofasciaux.
Traitement
Complexe car il associe des douleurs nociceptives, neuropathiques et une forte composante émotionnelle et cognitive.